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 La marque des Orphelins ( extraits)

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Aurore
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Aurore

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MessageSujet: La marque des Orphelins ( extraits)   La marque des Orphelins ( extraits) Icon_minitimeVen 15 Avr - 15:51

note de Plume: pourquoi extraits ? ben parce que c'est plutôt un roman qu'une nouvelle alors je pense pas que je vais tout vous mettre. En tout cas, je vous met le début. C'est le fameux début dont je parle dans la partie "pour ceux qui écrivent". je verrai plus tard pour la suite. Vous me direz quoi. Allez, bonne lecture!
Le genre : fantasy.


1.

L’ARISTO.


On m’avait trouvé sur les premières marches de la maison du dieu. Je crois pouvoir m’imaginer parfaitement la scène. Et je l’ai tant rêvé que parfois j’ai l’impression d’en avoir le souvenir. C’était au début de l’automne, et sans doute y avait-il un vent puissant qui faisait naître des fantômes en sifflant dans la tour du bâtiment. La prêcheuse sortait sans doute quérir de l’eau au puits comme elle le faisait chaque soir. Peut-être a-t-elle failli poser un pied sur moi et au dernier moment, peut-être s’est-elle reculée vivement, surprise, de voir là, sur les marches, un paquet de couverture remuant légèrement puis se mettant à hurler sa faim et sa peur à pleins poumons. Peut-être l’avais-je émue alors, elle était jeune encore, la trentaine à peine, et peut-être pensa-t-elle qu’il était de son devoir de ramasser l’enfant qui sans son aide mourrait sans doute avant le petit jour, dans ce vent froid, presque glacial, annonciateur d’un hiver plus terrible encore. J’ignore si c’est la pitié ou l’émotion qui l’emportèrent sur ses scrupules de prêcheuse, mais elle brava pour moi un interdit et me ramassa, me berça doucement, je crois, en chantant cette berceuse, la seule que je connaisse, qui calme les tous petits et chasse leurs peurs. J’ai dû m’endormir alors, pour me réveiller quelques heures plus tard face à ses supérieurs qui discutaient de mon sort. J’imagine qu’ils ont dû débattre bien longtemps sur mon compte, pour savoir ce qu’il convenait de faire. Une maison du dieu n’est pas un lieu où élever un enfant, j’en sais quelque chose à présent. Mais pouvaient-ils refuser ce que la providence avait mis sur leur chemin ? Devaient-ils remettre à la mort un enfant que le dieu lui-même leur avait peut-être confié ? Etais-je un démon qu’une femme adultère avait déposé là pour faire honte au dieu ou pour cacher sa faute ? Qui étais-je ?
Leur débat se termina sur la décision qui orienta à jamais ma vie : ils me gardèrent. La prêcheuse m’éleva comme elle put et me baptisa Orphel.

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MessageSujet: Re: La marque des Orphelins ( extraits)   La marque des Orphelins ( extraits) Icon_minitimeVen 15 Avr - 15:51

c'est pas fini !

Mon enfance se partagea entre les leçons interminables de celle que je nommai « marraine », et mes heures vides où, livré à moi-même, j’apprenais seul à vivre. Illel, ville capitale de la région Nord du royaume d’Eefarn, fut une mère pour moi. Si Marraine m’apprenait les lettres et le calcul, Illel m’apprit à devenir vif, agile, tant dans la tête que dans les jambes. Les tavernes étaient mes maîtres dans l’art du mensonge, j’entendais là mille perles d’inventions, d’exagérations, de rumeurs fausses, j’y acquis aussi nombreuses connaissances en chansons d’ivrognes, nombre de mot que ma marraine n’eut pas supporté m’entendre répéter.
Le marché, toujours grouillant de vie, de couleurs chatoyantes et de la chaleur des hommes m’appris l’escroquerie, quoique involontairement, je m’installai auprès des stands de marchands de bric-à-brac, et je compris bien vite comme ils s’y prenaient bien pour faire en sorte que leurs clients achètent quelque chose dont ils n’avaient absolument pas la nécessité. J’appris ainsi à cerner ces acheteurs potentiels, à savoir qui se laisserait prendre et qui serait imprenable. J’en vins même à faire des paris avec un de ses arnaqueurs professionnels qui parut m’apprécier à force de me voir rôder autour de lui.
La paille des écuries publiques m’enseigna que l’on pouvait vivre sans se soucier de rien, sans devoir rendre compte de ses faits et gestes. Souvent, j’allai m’allonger entre les ballots de paille entreposés dans le grenier qui servait de réserve, et j’y restais des heures à ne penser à rien ou au contraire à échafauder toutes sortes de plans. J’imaginais comment, en graissant les trois carreaux au pied de l’autel de la maison du dieu, le grand prédicateur pourrait y glisser lors du prochain sermon et se relever rouge de honte devant un peuple hilare. Ou encore de quelle manière il faudrait m’y prendre pour chaparder une pomme ou deux par jour pour m’en constituer une réserve, pour le simple plaisir de les posséder, pour avoir quelque chose qui me soit propre… un trésor, un secret ! Mais mon audace s’arrêtait là, à l’imagination.
Parfois, mes rêveries m’entraînaient dans un lieu coincer entre l’état de veille et le sommeil et de là je m’envolai vers un ailleurs que j’appris à connaître. Je n’étais plus Orphel, le garçon sans famille, l’orphelin qui portait la marque de son origine anonyme jusque dans son prénom. Je m’appelais autrement, j’étais quelqu’un d’autre. J’avais une famille qui m’aimait et que je chérissais plus que tout au monde. Ma réalité et ce refuge qui me paraissait si naturel, présentaient d’étranges similitudes, l’atmosphère de mes journées était semblable à celle de mes rêveries, mes douleurs, mes bonheurs, ces deux mondes existaient en miroir, si bien que par moment, je ne savais plus auquel j’appartenais.

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MessageSujet: Re: La marque des Orphelins ( extraits)   La marque des Orphelins ( extraits) Icon_minitimeVen 15 Avr - 15:53

suite et fin de la mise en contexte du texte.


Mais chaque jour, il me fallait quitter mes rêves, mes chers professeurs et mes tendres amis pour rejoindre en traînant les pieds la maison du dieu, où, je le savais, on ne manquerait pas de me réprimander.
Lorsque j’atteignis ma onzième année, j’avais tant parcouru le centre-ville qu’aucun de ses recoins ne m’était étranger. Seuls les faubourgs d’Illel et ses quartiers sinistres m’étaient inconnus. J’avais acquis aussi une variété de vocabulaire qui s’étendait à la plupart des produits présents sur le marché, même s’il m’arrivait parfois d’ignorer ce que signifiaient certains des mots qui tombaient dans mon oreille et que je retenais, presque par réflexe. Si mon visage devint familier aux vendeurs, rares étaient ceux qui connaissaient mon nom et mon histoire. Je me contentais d’être le garçonnet curieux mais timide, un peu simplet même, aux yeux de certains. On me regardait sans malice, parfois même on m’offrait une friandise. Mais toujours il me fallait rentrer. Jusqu’à ce soir d’été… Je revenais fort tard, prêt à endurer les remontrances de ma Marraine et du grand prédicateur qui ne me portait aucune affection, ce que je tâchai de lui rendre de mon mieux. Je les trouvai effectivement, tous deux, plantés sur les marches de la maison du dieu, l’œil sévère et la bouche close. Il me sembla un instant que ma Marraine avait les yeux humides et je m’interrogeai sur la raison d’un si triste visage. Je ne parlai pas le premier. Je vins me poster devant eux, et me fit violence pour m’obliger à baisser la tête.
« Alors ? » La voix du grand prédicateur avait roulé dans la nuit comme un coup de tonnerre. Je réprimais un frisson. Jamais son ton n’avait été aussi dur.
« Avance ! Fils de personne ! Car c’est bien ainsi que tu te comportes ! Comme un gamin des rues ! Comme un moins que rien, quand la maison du dieu t’héberge ! » J’obtempérai. Chaque mot m’était une meurtrissure.
« Je ne veux pas savoir, ni d’où tu viens, ni où tu iras désormais. Car je ne veux plus rien avoir à faire avec toi ! Tu jettes la honte sur cette maison divine ! Tu jettes la honte sur la prêcheuse ! A cause de toi nous n’avons connu qu’échec et malheur ses onze dernières années ! A cause de toi et de ta marque du démon ! Va-t’en ! Va-t’en ! Ne reviens jamais plus ici ! »
Il jeta à mes pieds un sac qui contenait toutes mes affaires. Je le regardai, me tournai vers ma marraine qui se détourna. Je ne comprenais pas ce pourquoi la colère grondait dans sa voix ou, devrais-je dire, j’avais peur de le comprendre trop bien. Je jetai un coup d’œil à ma main gauche : la marque du démon. Soit j’étais né avec ce tatouage sur le dos de la main, soit on me l’avait appliqué dès ma première inspiration. Elle avait toujours était là, noire, un signe géométrique dont j’ignorais la signification. Une sorte de rune ancienne que je ne connaissais pas et qui se résumait pour moi à deux chevrons en vis à vis, pointes tournées vers l’intérieur, qu’une droite reliait par leurs extrémités gauches. Je relevai la tête vers le grand prédicateur :
« Cela signifie-t-il que je suis libre d’aller où je veux ? » fis-je, avec sans doute bien trop d’espoir dans la voix pour ne pas courroucé d’avantage l’homme que j’avais en face de moi.
« Cela signifie que jamais ton âme ne sera pure ! Démon ! Et que je ne veux pas payer pour t’avoir pris en pitié ! Nous avions espéré faire de toi quelqu’un de correct ; Mais nous avons échoué ! Va-t’en ! »
Il se retourna et entraîna ma Marraine à sa suite. Le visage de la seule personne qui m’eut jamais témoigné un semblant d’ombre d’amour maternel se tourna une dernière fois sur moi, attristée, désolée… déchirée en réalité mais alors je ne le compris pas. Je ramassai mes affaires, les hissai sur mon dos et reparti vers la ville. Je me sentais plus libre que jamais et entendais le rester le plus longtemps possible.

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Dernière édition par le Sam 16 Avr - 14:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La marque des Orphelins ( extraits)   La marque des Orphelins ( extraits) Icon_minitimeVen 15 Avr - 16:06

Yé, tu m'en avais parlé !!! J'ai hâte de tout savoir lol, et de voir comment tu as tourné ce que tu m'avais raconté...
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MessageSujet: Re: La marque des Orphelins ( extraits)   La marque des Orphelins ( extraits) Icon_minitimeVen 15 Avr - 16:13

oui mais pour tourner ce dont je t'ai parlé il faudrait que je sois un peu plus avancé dans la rédaction, et si dans ma tête tout est clair, sur le papier, ça ne fait que commencer ! j'ai jamais autant planifier une histoire ! j'ai presque déjà la fin alors que j'en suis qu'au début de la rédaction !

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MessageSujet: Re: La marque des Orphelins ( extraits)   La marque des Orphelins ( extraits) Icon_minitimeSam 16 Avr - 12:28

Mdr, moi j'ai toujours la fin... et pas toujours le début, encore moins le milieu lol !
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MessageSujet: Re: La marque des Orphelins ( extraits)   La marque des Orphelins ( extraits) Icon_minitimeSam 16 Avr - 14:46

La suite vous intéresse-t-elle ?

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MessageSujet: Re: La marque des Orphelins ( extraits)   La marque des Orphelins ( extraits) Icon_minitimeSam 16 Avr - 21:19

Quelle question Shocked ! Bien sûr que oui !!!
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MessageSujet: Re: La marque des Orphelins ( extraits)   La marque des Orphelins ( extraits) Icon_minitimeMar 19 Avr - 10:07

bon la suite alors !

Mes premiers jours dehors, je les passai dans la chaleur étouffante de l’un des étés les plus chauds que nous ayons connu à Illel. Je vivais seul, sans toit, sans manger à ma faim. J’arpentai les ruelles aux odeurs putrides, aux vapeurs étouffantes, en frôlant les murs brûlants pour ne pas être vu. J’ignore si c’était du fait de la honte ou de peur que le remord n’ait gagné le prédicateur et qu’il m’envoyât chercher pour me ramener à l’endroit d’où je me sentais comme évadé. Je commis ces premiers jours, mes premiers larcins, sans importance et sans habileté.
L’étalage du maraîcher sur le marché du quartier populaire présentait des fraises au rouge brillant, mon ventre hurlait sa faim tandis que mes yeux ne parvenaient pas à se détacher de ma future proie, qui alors dans mon esprit n’en était pas encore une. L’envie irrépressible de les sentir fondre sous la pression de mes petites dents, de goûter à la saveur sucrée que je ne connaissais pas encore, l’emporta sur la peur d’être pris, de commettre une bêtise aux lourdes conséquences. Et la faim surtout, ma chère amie d’enfance, m’indiquait la route à suivre pour la contenter en pointant de son doigt sournois les fruits rouges et attirants. Le marchand était un habitué, et sans doute m’avait-il déjà aperçu rôdant sur le marché lors de mes escapades. Aussi ne fit-il pas attention à moi.. Peut-être était-il tout simplement trop occupé à racoler ses clients en leur vantant les mérites de ses primeurs ? Je passai un long moment à l’observer, sans oser agir, retenu par je ne sais quelle gêne. Et puis une petite voix soudain à l’intérieur de moi me murmura « vas-y ! » Tout ce dont je suis certain, c’est que mes jambes m’ont porté au pas de course depuis mon point d’observation jusqu’au stand, puis du stand jusque très loin à l’intérieur d’Illel et très longtemps après que le marchand cessa de me pourchasser. S’il m’avait reconnu, s’il s’était rendu chez le prédicateur, je n’en sais rien et ne le saurai peut-être jamais. Et à dire vrai, cela n’avait pas la moindre importance. J’avais le cœur battant, les mains poisseuses, couvertes du jus des fraises écrasées que je serrais de toutes mes forces dans mes petites mains. Et au lieu de les savourer une à une, je les engloutis sans retenue ni manière, plus vite encore que je ne les avais prises, tant par envie que par peur d’être retrouvé la main dans le sac. Ce fut le début de ma grande histoire d’amour avec cette façon simple malgré le facteur risque de me servir selon mes envies et besoins. Je crois que cela est à présent inhérent à ma personnalité, aussi vital que de respirer.
Cependant, je n’eus pas le temps de me reposer après ce vol à l’étalage si spectaculaire à mes yeux. Car c’est à ce point précis que ma vie prend la tournure véritable de ce qu’elle restera longtemps.

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MessageSujet: Re: La marque des Orphelins ( extraits)   La marque des Orphelins ( extraits) Icon_minitimeMar 19 Avr - 10:09

Le bruit de deux mains frappant quatre coups secs et saccadés l’une contre l’autre, détourna mon regard. Ce n’étaient pas de sincères applaudissements, mais une sentence railleuse à l’encontre de ma maladresse et de ma précipitation. L’homme qui sorti de l’ombre de la ruelle me paraissait vêtu comme un aristocrate, son pourpoint aux couleurs chatoyantes, sa ceinture dorée et ses chausses pourpres avait de quoi impressionner grandement un gamin de mon âge, surtout après une telle action que je me représentais à la fois comme la pire et la plus excitante des choses.
« Que voulez-vous ? » Dis-je, sur la défensive en reculant, coincé entre un mur et un tas d’ordure.
« Très impressionnant… » répondit-il un sourire en coin. Sa voix était grave mais sans chaleur, un timbre envoûtant et métallique à la fois.
Il s’avança encore et je pus distinguer les traits de son visage. Longiligne, aux yeux fins et perçants, les lèvres très fines et très pâles. Et au centre de ce visage rose, un nez cassé, autrefois long sans doute. Ses cheveux grisonnants étaient cachés sous un couvre-chef en velours, muni d’une plume aux couleurs vives.
« Que voulez-vous ? » Répétai-je plus bas mais sans détourner mes yeux de l’inconnu.
Il fit une chose à laquelle je ne me serai jamais attendu. Planté devant moi, les mains sur les hanches, il s’esclaffa si soudainement que je crus d’abord qu’il avait une crise étrange, sorte de maladie qui prenait sans prévenir. Lorsqu’il eut repris son souffle, il me fixa encore plus intensément, comme s’il cherchait à percer l’essence même de ce que j’étais rien qu’avec le regard.

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MessageSujet: Re: La marque des Orphelins ( extraits)   La marque des Orphelins ( extraits) Icon_minitimeMar 19 Avr - 10:12

« Petit, fit-il avec une malice qu’il ne dissimulait pas, mais qu’as-tu donc fait ? »
Il me fallut un certain temps pour comprendre le piège qu’offrait sa question, trop de temps.
« Je ne vois pas de quoi vous parlez »
Je craignis un instant qu’il ne se remit à pouffer de rire mais il dût se retenir car il répondit :
« Aimes-tu les fraises, gamin ?
« Je ne sais pas.
Je me sentais rougir mais je ne baissais pas les yeux et m’efforçais de prendre un air angélique.
« Ah tiens ! Vraiment ?
« Et vous vous aimez ça ? Mon père en vendait avant mais aujourd’hui il ne peut plus… à cause des faons, vous savez, il y a des faons près de la maison, ils viennent manger les fraises, c’est pas moi, ce sont les faons, et mon père le sait bien, mais comme vous ne le saviez pas, je vous le dis. »
Je méprisais en moi-même le manque de subtilité de mes propos et le peu d’intelligence dont je faisais preuve. Stupéfait par l’inattendu de la situation et par la grossièreté d’un tel mensonge, mon interlocuteur m’observa avec des yeux ronds et un brillant sourire. A nouveau, sans crier garde, il repartit d’un éclat de rire avant de reprendre en s’essuyant les yeux :
« Sacré nom d’un chien, petit ! Tu mens comme tu respires ! Va, pour moi ce n’est guère un défaut ! Des faons ! Quelle imagination vraiment ! Quel âge as-tu petit ? Et ne mens pas s’il te plaît !
L’aristocrate accordait plus d’importance à ma taille et mon âge qu’à mon nom ou mon origine.
« Treize ans. Mentis-je.
« Disons onze alors ! Depuis quand vis-tu tout seul ?
Sa question m’ébranla. Non pas que j’eusse peur de lui, mais j’appréhendais surtout le fait que l’on pût m’enlever ma tranquillité nouvellement acquise.
« Je ne vis pas tout seul ! Je vous assure !
« Ah oui ? Pourquoi en as-tu tellement l’air alors ? »
Un sourire sournois ne quittait pas son visage, une sorte de colère me prit.
« Laissez-moi tranquille ! »
Je me détournai, mais comme je m’apprêtais à partir au pas de course, sa main agrippa ma chemise et enserra mon épaule dans ses griffes puissantes.
« Du calme petit. Du calme. Je ne te veux pas de mal. »
Le sourire avait disparu. Son visage paraissait de marbre. Il me fit peur et pour la première fois depuis le début de notre entretien, je fermais les yeux. L’aristocrate eut dans l’intonation de sa voix un air de satisfaction, un avant-goût de victoire sur ma personne.
« Là, c’est bien. Quel est ton nom, gamin ?
J’hésitai. Devais-je ou non lui donner mon nom ? Pour ce qu’il représentait, je jugeai que je ne risquais rien à le lui révéler, mais toutefois je répondis :
« Et le vôtre, monsieur ? Vous êtes un seigneur ?
Il ricana gentiment et tapota mon épaule doucement.
« Tu as du caractère petit, ça me plaît. Je ne suis pas un seigneur. Et aucun de ceux que je recueille chez moi ne me connaît de nom. Cependant tous m’appellent l’Aristo. Je ne m’en vexe pas, ça m’amuse même… Alors, maintenant à toi, ton nom ?
« Orphel, m’sieur.
« Original ! Suis-moi, et tu ne devras plus voler de fraises de cette façon pour te nourrir ! »
Intrigué autant qu’attiré par son alléchante proposition, je mis mes pas dans les siens et traversai ainsi une bonne partie des faubourgs et des quartiers d’Illel que j’avais jusqu’alors pris soin d’éviter. Je découvris pour la première fois des maisons aux multiples étages où logeaient des dizaines de familles dans une misère voisine de la mienne, n’ayant que peu pour se nourrir et vivant de vols peu glorieux. Sur le passage de l’Aristo, beaucoup murmuraient, et tous s’écartaient avec un respect mêlé de crainte. J’entendis plusieurs voix chuchoter des phrases telles que « il en a trouvé un nouveau » ou « encore un pauvre gosse » ou bien encore « c’est le troisième cette semaine » Je savais être le centre de l’attention, mais au lieu de m’en effrayer, je m’en enorgueillissais et marchais comme à la parade derrière cet étrange inconnu qui m’impressionnait tant. Lui ne semblait pas tenir compte des racontars que les gens de la ville véhiculaient sur son compte. Il paraissait au contraire s’en amuser, tout comme il lui plaisait de s’entendre appeler « l’Aristo. » Ce n’était pas inconscience de sa part, il préférait simplement agir comme si les mouches qui bourdonnaient autour de lui ne l’importunaient pas plus qu’un léger souffle de vent.
Ainsi traversâmes-nous les murmures désapprobateurs et les regards hostiles sans nous en soucier le moins du monde. Son flegme et sa manière de regarder droit devant lui déteignirent sur moi et j’en vins à imiter en tout point son attitude.
« Nous arrivons.» Dit-il soudain, brisant le silence qui s’était installer entre nous. Je me retrouvais face à une bâtisse haute et noire, à la porte branlante et aux fenêtres ouvertes aux quatre vents. Le chaume du toit avait besoin d’être restaurée, tout comme les escaliers de bois qui menaient à la porte. Un jardinet à l’abandon séparait la maison du reste de la rue, peut-être même devrais-je dire, du reste du monde… Il ouvrit le portail en bois au vernis écaillé, et me poussa devant lui avec douceur vers la porte d’entrée.
« N’aies pas peur, il n’y a aucun danger !
« Je n’ai pas peur ! Je n’ai jamais peur ! » Fis-je avec une assurance qui le frappa de nouveau et fit naître un autre sourire sur son visage.
S’il était exact que mon état s’approchait plus de la curiosité que de la peur, je ne ressentais pas moins une certaine appréhension en montant une à une les six marches de bois pourri.
« Ouvre la porte ! » Ordonna-t-il doucement.

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MessageSujet: Re: La marque des Orphelins ( extraits)   La marque des Orphelins ( extraits) Icon_minitimeMar 19 Avr - 11:02

Hum, il me plaît pas cet Aristo... Il a pas intérêt à toucher à un poil deOrphel, ou il aura affaire à moi ! Je débarque entre 2 lignes de ton histoire moi, je te le dis lol !
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MessageSujet: Re: La marque des Orphelins ( extraits)   La marque des Orphelins ( extraits) Icon_minitimeMar 19 Avr - 11:24

mdr ! vas-y pour voir que je rigole ! noon mais, me l'abime pas trop mon Aristo, j'en ai besoin jusqu'à un point hyper important ! après on s'en fout, mais laisse-le moi jusqu'au chapitre quatre ( ou cinq, je sais pas encore très bien)

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MessageSujet: Re: La marque des Orphelins ( extraits)   La marque des Orphelins ( extraits) Icon_minitimeMar 19 Avr - 12:06

Shocked waooohhhhhhhhhh

c'est beau, facile à lire et je confirme, passionnant, ça me rappelle Jean-Louis Fetjaine (<--- ceci est une comparaison en forme de compliment, hein, j'aime bcp Fetjaine)

Tu devrais publier ;-)
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MessageSujet: Re: La marque des Orphelins ( extraits)   La marque des Orphelins ( extraits) Icon_minitimeMar 19 Avr - 13:56

ouah ! merci beaucoup Sydnette ! par contre, je connais pas Fejtaine Embarassed

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MessageSujet: Re: La marque des Orphelins ( extraits)   La marque des Orphelins ( extraits) Icon_minitimeMar 19 Avr - 14:23

Eh bien Fetjaine est un auteur de fantasy (qui m'avait été conseillé par Mlle P. iykwim ^^) et qui a écrit notamment toute une série de romans sur le même univers elfique : le Crépuscule des Elfes, le Nuit des Elfes, etc. Sorti à la base chez Belfond et depuis en livre de poche chez Pocket (donc bcp moins cher !!)
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MessageSujet: Re: La marque des Orphelins ( extraits)   La marque des Orphelins ( extraits) Icon_minitimeMer 15 Juin - 14:20

je vous donne la suite puisque j'ai avancé et que je suis certaine que ce passage ne devrait pas bouger :

Alors que je me penchais vers la poignée pour répondre à l’injonction de l’Aristo, celle-ci se déroba sous ma main et je me retrouvai nez à nez avec deux jeunes de mon âge ou presque s’apprêtant à sortir.
Nous restâmes ainsi, tous trois à nous dévisager pendant un temps indéterminé. Le premier d’entre eux, le plus grand, était un garçon aux joues roses et joufflues, à la tignasse blonde et bouclée. Il devait faire au minimum une tête de plus que moi mais ses petits yeux gris ne reflétaient pas la moindre once d’intelligence. A l’inverse, le second, petit et maigrelet, aux cheveux noirs retombant sous les oreilles, posait sur moi un regard noir brillant d’une malice étrange. Il se dandinait sur ses pieds, se balançait d’avant en arrière, hésitait entre s’écarter ou m’écarter. Sans l’intervention de l’Aristo, je crois que nous serions restés là des heures à détailler mutuellement nos visages et tenues respectives.
« Irvin! Airme! Soyez d’aimables petits, laissez-nous rentrer. »
Son ton fut des plus railleurs, derrière les paroles mielleuses sous-tendait l’ordre. Une lumière sembla s’allumer dans le regard du blondinet et il comprit soudainement qu’on lui demandait quelque chose. L’autre avait un sourire en coin et recula en faisant la révérence.
« Pardon, Messire! Quelle joie pour nous Messire, quel honneur, votre venue chez vous, si tôt, alors que nous ne vous attendions pas avant le soir, Messire, c’est trop…
« Il suffit Airme! Garde pour d’autre tes compliments et tes imbécillités. Décampez tous les deux !»
J’ignorai si Airme était sérieux ou s’il se moquait simplement de l’Aristo… ou de moi. Toujours est-il que cette facétie qui semblait déplaire à l’Aristo, me rendit, pour ma part, la demeure plus accueillante. Je lançai au garçonnet un regard interrogateur auquel une bouffonnerie malicieuse répondit avant qu’il ne disparaisse.
« Qui… Commençai-je.
« Plus tard, il faut manger pour l’heure, viens Orphel. »
Au verbe « manger » je répondis par une servitude muette et sans limite. Mon estomac, à peine calmé par les fraises volées, criait famine et ses plaintes me déchirait les entrailles. L’intérieur de la demeure était à l’image de l’extérieur : Délabré. Cependant, la vie grouillait dans cet endroit, un bruit de fond constant, et de temps à autre des éclats de voix annonçaient aux visiteurs et nouveaux venus que le Manoir, comme j’appris à nommer ce lieu, n’avait de sinistre que l’apparence. Le grand vestibule dans lequel je me trouvai ressemblait plus à un long et étroit couloir qu’à autre chose. Immédiatement à droite de la porte, un escalier à la pente très raide menait aux étages. Le long des deux murs pendaient deux tapisseries immenses dont je ne pus distinguer le contenu compte-tenu du manque d’éclairage. Quelques souliers, sabots et bottes traînaient là, apparemment des chaussures d’enfant. C’est en pénétrant dans la pièce suivante, une cuisine surchauffée et bruyante tant à cause des casseroles que des cris, que je compris qu’Irvin et Airme n’étaient pas avec moi les seuls enfants de la maison. Il devait y avoir là une dizaine, une quinzaine peut-être de gosses, garçons et filles, plus ou moins vieux que moi, occupés à grignoter, à jouer aux cartes ou à se lancer défis et énigmes… Personne ne fit attention à moi, mais tout caquetage cessa lorsque l’Aristo entra à ma suite. Tous avaient dans le regard vis à vis de lui, la même expression mêlée de respect et de crainte. Et cela m’effraya plus que toutes autres choses. Je ne voulais pas me mettre sous la coupe d’un nouvel homme, d’un autre substitut de père. Après le prédicateur, j’avais décidé de ne plus dépendre de l’autorité d’un adulte. J’estimais n’en avoir nul besoin, même si mon estomac m’affirmait le contraire. J’avais encore à cet instant, la possibilité de fuir. Je ne le fis pas et écoutai sagement l’Aristo m’annoncer :
« Bonjour, bonjour, chanta-t-il, sur un ton toujours aussi faussement aimable, mes chers enfants des rues, voici votre nouveau camarade. On ne chahute pas avec lui et on ne lui chaparde pas sa nourriture pour le moment, est-ce clair ? »
A l’entendre, il les prenait pour des enfants dénués d’esprit. Ce qui était peut-être le cas pour quelques-uns mais certainement pas pour la majorité. Je vis une fille, plus grande, l’air insolent et mesquin hausser les épaules et retourner à ses occupations sans tenir compte d’avantage de l’Aristo. Pour lui, il me sembla qu’il savait ne pouvoir obtenir mieux de la part de ses protégés et m’indiqua une table où m’asseoir. Il me montra également où me servir, comment et en quelles quantités. Nous étions rationnés. Et puis il partit, promettant de repasser dans l’heure qui suivrait pour me montrer une chambre où je pourrais loger cette nuit-là si cela m’intéressait. Cela ne m’intéressait pas.
Je me retrouvai seul, au milieu d’une bande déjà formée, apparemment solidaire, indifférente quant à moi. Peut-être ce manège était-il fréquent… peut-être l’Aristo ramassait-il tous les enfants qui traînaient seuls dans Illel pour les mettre à l’abri de la faim dans cette maison en ruine ? Cependant, toutes ces questions disparurent dès lors que mes dents s’enfoncèrent dans un morceau de pain relativement frais couvert d’un morceau de fromage de chèvre. Pour frugal qu’il fût, ce repas m’apparut comme un véritable délice et soulagea grandement les douleurs de mon estomac. Un sourire idiot dut s’afficher sur mes lèvres, car lorsque s’approcha la fille à l’air mesquin, elle s’adressa à moi comme l’Aristo s’adressait à la salle.
« Alors, on est perdu, petit ? C’est comment ton nom ?
Je la dévisageai sans vergogne et d’idiot mon sourire devint moqueur.
« Si je suis perdu, c’est autant que toi-même. Et je ne te donnerai mon nom que lorsque tu m’auras donné le tien.
Elle parut surprise par ma réponse, peut-être plus par le ton de celle-ci que par le message qu’elle délivrait. De nouveau elle haussa les épaules.
« C’est stupide ! Pourquoi cela ? »
J’avoue que je l’ignorai moi-même, mais peut-être fis-je une découverte lorsque je répliquai :
« Par jeu. Uniquement par jeu. »
Elle me fixa avec toute la malice de ses yeux clairs et sourit doucement. A ce tiraillement de lèvres, je sus que j’avais marqué un point.
« Ecinel. Ça vient de coccinelle, Paraît que lorsque je suis née y’en a une qui s’est posé sur moi.
« Orphel. » Répondis-je, laconique, puis je pris lentement quelques gorgées d’eau sous son regard médusé.
« Or-phel… répéta-t-elle doucement.
Puis elle se mit à rire convulsivement et reprit le souffle court :
« Tu parles d’un nom ! Orphel ! et d’où tu arrives comme ça ? qu’est-ce que tu as fais pour être ramassé ? »
Je n’avais pas la moindre envie de discuter avec cette gamine impertinente et sans gêne, elle attirait sur moi les regards de ses congénères. Son attitude m'agaçait.
Je me détendis et la toisai d’un air supérieur, parfaitement conscient de l’arrogance de mon comportement. Alors dans un souffle et avec insolence je prononçai distinctement :
« Je viens de quelque part et ce que je fais là, ça me regarde. »

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MessageSujet: Re: La marque des Orphelins ( extraits)   La marque des Orphelins ( extraits) Icon_minitimeJeu 7 Juil - 9:43

petite précision ( pour ceux que ça intéresse toujours bien sûr) j'ai fait une modification de l'âge d'Orphel, il a treize ans lors de sa rencontre avec l'Aristo. En fait, on s'en fout un peu mais pour des raisons de cohérence, c'est un peu plus pratique qu'il soit plus âgé.
SVP, précisez-moi si vous voulez la suite ou non.

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MessageSujet: Re: La marque des Orphelins ( extraits)   La marque des Orphelins ( extraits) Icon_minitimeJeu 7 Juil - 13:05

C'est super mon chou, je sais pas comment tu fais, mais il y a une ambiance dans cet extrait... tu poses pleins de point d'interrogations, j'espère que les réponses viendront vite !
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MessageSujet: Re: La marque des Orphelins ( extraits)   La marque des Orphelins ( extraits) Icon_minitimeJeu 7 Juil - 13:58

allez, on continue.

Une sorte de rage empourpra son visage, peut-être ne lui avait-on que rarement tenu tête à ce point ? Elle me prit de haut, me jeta un regard méprisant. Je crus un instant avoir gagné la partie et je la voyais déjà repartir à sa place sans jamais devoir m’adresser la parole d’avantage. J’avais tort. Elle se pencha si soudainement vers moi que nos têtes ne se manquèrent que de peu. Au lieu de la gifle que je m’attendais à recevoir, elle prit violemment mon poignet et tourna vers elle le dessus de ma main gauche.
« Qu’est-ce que c’est que ça ? » Fit-elle, mi-curieuse mi-effrayée.
Je me maudissais intérieurement de n’avoir pas songé à cacher ma main d’avantage tout en essayant de me dégager de son emprise. Elle ne cessait d’examiner en tout sens le signe qui était tatoué sur le dos de ma main, incrusté à ma peau et indélébile, qui avait sans aucun doute motivé à la fois mon abandon, la distance qu’avait gardé la prêcheuse avec moi et le dégoût que j’avais inspiré au prédicateur.
La force avec laquelle elle me retenait m’impressionna. Elle examina tant et si bien cette marque qu’elle attira sur moi les regards de ceux qui n’avaient pas encore pris conscience de la scène qui se jouait. Lorsqu’elle me relâcha enfin, elle me dévisageait avec une telle intensité que je m’en sentis mal à l’aise. Toutefois, si je lisais de la méfiance et sans doute de la peur dans son regard, je n’y vis nul trace de mépris.
« Laisse-moi ! » Fis-je, hargneux. Plusieurs reculèrent et se détournèrent mais la tension montait entre elle et moi. Et tandis qu’elle s’apprêtait à me répondre, l’Aristo ouvrit grand la porte par laquelle nous étions entrés lui et moi et vint se placer entre nous. Il jeta sur Ecinel un regard interrogateur et mécontent. Sa voix gronda, bien qu’il ne haussa pas le ton.
« Que se passe-t-il ici ? Ecinel ? Chercherais-tu à ennuyer le nouvel invité du Manoir ? »
Sa question n’obtint pas de réponse, cependant, Ecinel et tous les autres regagnèrent leur place. L’Aristo reporta son attention sur moi. Il n’y avait pas de colère sur ses traits, il était redevenu placide et calme. Discrètement, je m’efforçais de rentré la main le plus possible à l’intérieur de ma manche mais je ne quittais pas son regard en essayant de paraître le plus innocent possible. Sans un mot, il me fit signe de me lever et de le suivre. Intrigué, je décidai de m’exécuter et de me plier à ses ordres temporairement, jusqu’à ce que j’en apprisse un peu plus sur son compte et sur ses motivations. A la vérité, j’ignorai complètement où me rendre si je quittai cet endroit. Dormir à la belle étoile ne me dérangeait guère mais dormir l’estomac vide n’était pas une perspective réjouissante pour un gamin de mon âge. Je ne souhaitais pas renoncer à ma liberté d’aller et venir, de flâner, mais je jugeai plus intelligent de rester provisoirement là où je savais trouver de quoi me nourrir.
Tandis que je réfléchissais, l’Aristo m’avait entraîné vers une étuve minuscule. Un trou dans le sol que l’on avait dallé sommairement et recouvert d’un linge servait de baignoire. De la vapeur s’en échappait et j’aperçus aussitôt l’eau brûlante et claire qui le remplissait. A l’inverse, autour de ce bassin, le sol était carrelé de blanc avec soin. La pièce était très sombre, elle ne comtenait pas de fenêtres, seuls trois flambeaux l’éclairaient d’une lumière jaunâtre. Les murs étaient nus et d’un bleu étrange. A droite de la baignoire, une chaise de bois clair supportait les serviettes et les sels de bain, à gauche, une chaise vide attendait les vêtements. Je levai un regard interrogateur vers l’Aristo :
« C’est pour toi, petit, je t’ai fait préparer un bain, tu sens mauvais. Débarrasse-toi de ces vieilles frusques, je vais te trouver des vêtements plus neufs. Frotte-toi bien cette tignasse ! On dirait que cela fait des mois que tu vis dehors !
« Pourquoi tout ça ? Je ne suis même pas certain d’être intéressé par votre offre ! Répondis-je.
« Pourquoi… hum ! Voyons…, je ne sais pas, gamin. Disons que je ne supporte pas de voir des gosses livrés à eux-mêmes dans les rues alors…j’ai acheté cette vieille ruine et j’y ai construit des chambres, une cuisine et une étuve, pour les gamins comme toi. Mais ne vas pas te figurer que je suis altruiste… non… il y a quelques… compensations à apporter. Mais je t’expliquerai le règlement de la maison tout à l’heure. »
Et sans ajouter un mot, il me laissa là et disparu dans la vapeur de la pièce. Je me déshabillai lentement en m’interrogeant sur le sens du terme « altruiste ».

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MessageSujet: Re: La marque des Orphelins ( extraits)   La marque des Orphelins ( extraits) Icon_minitimeMar 12 Juil - 12:21

Hum, il est vraiment de plus en plus étrange cet Aristo.. je sais pas ce qu'il mijote, mai plus il avance, moins je le sens. Et, pour Ecinel... ben en fait comme je suppose que t'as pas non plus raconté ton histoire à tout le monde, alors je vais garder mes petites idées pour moi.
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MessageSujet: Re: La marque des Orphelins ( extraits)   La marque des Orphelins ( extraits) Icon_minitimeMar 25 Oct - 21:16

Je me mords les doigts... J'avais bien dit être certaine que le passage ne bougerai pas... et ben, gros plantage !
Une modification énorme à propos du manoir... ça change pas mal de chose... En fait, quasi radicalement... Aïe aïe aïe...
Si ça vous intéresse, et si ça vous ennuie pas trop de revenir quelques paragraphe en arrière, dès que j'aurai avancé dans mes modifications, je ferais une mise à jour.
Désolée vraiment, d'avoir été trop rapide...
Le manoir se transforme en " Manoir aux Epices", c'est une boutique et dans la 2ème partie de la bâtisse il y a le corridor, l'escalier, l'étuve comme déjà décrit. De plus, il n'y a plus autant de gamins. Juste Ecinel, Airme, Irvin et donc Orphel. C'est un peu plus cohérent pour moi, et surtout, ça me permet d'éviter les ressemblances avec Oliver Twist. ( que je trouvais vraiment flagrante après relecture et que je n'avais vu en écrivant... de fait je n'ai pas lu oliver Twist, ni vu aucun film tiré du bouquin, mais j'ai pris connaissance du résumé de l'histoire et là ça tique...) Voilà ! excusez-moi.

edit : après avoir vu le film de polanski, jsui un peu rassurée, ressemblance moins forte que ce que je craignais... ouf !

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