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 Secret

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TC33
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MessageSujet: Secret   Mer 20 Avr - 20:42

Bon, je me lance. Certains en ont déjà lu le début, d'autres en ont entendu parler. On va dire que c'est le début de mon premier 'roman', autobiographique au départ, mais je compte bien inventer pas mal dans la partie du milieu.

J'avais envie de parler de l'expérience que m'a fait vivre celui qui est ici connu sous le nom de 'Secret'. C'est une personne qui a compté énormèment pour moi, et qui a toujours un grand poids dans ma vie, malgré la fin tragique que ne manquera pas d'avoir cette histoire.. même si j'espère qu'elle n'est pas réellement finie. C'est peut-être juste une chimère, je suis douée pour les croire !

C'est juste la première partie de la première partie lol, je dois paufiner le reste, rajouter des choses par-ci, par-là, vous risquez d'attendre pas mal de temps avant d'avoir la suite !
J'espère quand même finir cette histoire un jour; je ne perds pas espoir !

Ah, petite précision. Il n'y aura que 3 noms dans cette histoire (enfin, normalement...), parce que ce seront des 'personnages' que je n'ai aps connu personnelement (mdr, et pour cause, vous verrez). Je n'ai mis que les initiales, parce qu'il y a beaucoup de choses que j'avais promis de ne pas révéler. Donc, je ne dis rien, puisque je ne parle de personne lol !
VOilà, je vous laisse; et je vous préviens, beaucopu de choses risquent 'être amères dans cette histoire !



Secret



PARTIE 1


On peut vivre toute une vie, et ne jamais rien apprendre. On peut passer chaque jour devant la vérité de la connaissance, et ne jamais la voir. Pourtant on pense toujours tout savoir.
Il arrive parfois que notre ignorance porte sur les gens que l'on pensait connaître dans les moindres détails, éclairer les infimes coins obscurs d'une parole, briser les douleurs d'un sourire. Je vous aurais moi-même juré il y a deux semaines que je pouvais prévoir toutes ses réactions, envisager toutes ses pensées. Je ne savais pas à quel point j'étais loin de la vérité.
Mais peut-être devrais-je commencer par le début de cette histoire….



Premier contact



Septembre 2004. Pour la deuxième fois je devais commencer une année dans ce lycée. Rien ne m'y plaît. Les murs sont d'un marron passé, agrémentés de temps à autres par une touche de jaune salie par les ans, et entourent une foule d'élèves plus banals les uns que les autres, envahis des ambitions les plus classiques. Les salles y sentent les histoires que tout établissement traîne derrière lui, ne respirant même pas d'une flamme d'aventures ou de rêves.
J'inspirais une dernière bouffée de liberté et d'images aimées, et passais les grilles de ma propre prison. En voyant l'herbe piétinée et grillée par la chaleur d'un été qui n'en finissait pas, je revoyais les jardons bercés de rosée de ma région natale, quittée depuis peu. Une larme perla au bord de mon cœur; d'un geste vif, je la repoussai.
Un tableau d'affichage sous l'un des préaux, des noms rangés l'un derrière l'autre en ordre alphabétique, rassemblés en groupe incohérents, peut-être unis le temps d'une année. Une dernière année… J'inspectais les listes ainsi formées, une à une, cherchant mon propre nom dans cette masse. Enfin, je me trouvais dans un lot, avec 33 autres personnes plus ou moins inconnues. Seul réconfort : j'allais retrouver quelques individus un peu plus intéressants que le reste de la foule, les trois ou quatre avec qui j'avais pu avoir un semblant d'amitié. Peut-être que tout ne serait pas si fade que ça…
J'avançai jusqu'à la salle qui nous avait été assignée, nous, la TS2. 'Terminale Scientifique n°2' : encore un nom guidé par le protocole, sans goût. Je passai le bonjour, m'installai. Les rideaux avaient été tirés, bloquant les rayons destructeurs du soleil, cachant avec lâcheté la nature à l'agonie au dehors. On n'arrivait même pas à observer son voisin dans la pénombre, on dut allumer les tubes à néon.
Deux heures passèrent à découvrir ceux qui nous guideraient cette année, les livres, les professeurs, les règlements. Deux heures à écouter des discours déjà entendus, voir des visages déjà rencontrés, sentir une pression déjà vécue.
Et puis, en se concentrant un peu… Une brise souffle dans la salle, un rayon traverse les fenêtres obscurcies. Un chant semble s'élever et vouloir briser cet amas de banalités écoeurantes, laissant dans sa trace des atmosphères exotiques et fraîches.
Je tournai la tête, à peine consciente de ce faible écho, ressentant la simple caresse de l'espoir sur la peau. Je cherchai dans la salle, sans trop savoir quoi. Et puis un regard qui ne m'est pas réservé, plein de détresse et de défi… Un regard qui n'aime pas ce qu'il voit, et qui rêve aussi d'autres horizons.
Un frisson. Ses yeux sont de la couleur de la mer lors des orages, grise de colère, pleurant la terre lointaine. Le parfum d'une île du Sud; moi qui traîne mes odeurs d'une terre au Nord. Tant de ressemblances dans un être si différent…
Une voix sans timbre me rappela au lieu où je me trouvai. Tous les noms défilèrent, une tête pour chacun, bien correctement. Tous passaient, et le sien n'arrivait toujours pas. L'aurait-on oublié ?
Enfin, il acquiesça. Ce sera 'L…'

***
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Riza
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MessageSujet: Re: Secret   Mer 20 Avr - 21:51

Bon, alors je me répète... je le trouve très touchant comme récit et je suis toujours stupéfaite de voir que tu as une mémoire d'enfer...

Sinon, je suis très impatiente que tu termine cette histoire, comme ça tu pourras oublier ce moment de ta vie...
Et surtout fais attention à ne pas trop inventer, sinon tu vas finir par croire à ce que tu écris et c'est très mauvais!!

Enfin, je ne suis pas là pour te donner des leçons, tu es maîtresse de ta vie...
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Aurore
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MessageSujet: Re: Secret   Mer 20 Avr - 22:02

Moi je dis : vas-y, fonce ma belle, raconte, vide-toi ! Les histoires qui naissent au plus profond de nous sont les plus belles de toutes... Le problème, lorsqu'elle sont vraies, c'est qu'elles font mal.

En attendant, ta description de son regard me laisse sans voix, ce que tu écris bien ma Tc !

_________________
être assez spécial pour être tout de même quelqu'un...
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TC33
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MessageSujet: Re: Secret   Jeu 21 Avr - 13:19

Lol, merci Riza pour te conseils, mais qu'est-ce que je peux contre mes sentiments et tout ce qu'ils engendrent ?
et si j'envente, ce sera au contraire pour me persuader que c'et plus une chimères de son esprit à lui qu'une réalité...
Ah, et pour la mémoire... perso je l trouve plutôt défaillante sur pas mal de passages, mais j'essaie de pas le laisser sentir lol. Et puis, quand ça me tient à coeur, c'est toujours un peu plus facile de retenir, parce que ça vous a marqué au plus profond...

Plume, merci, mais je trouve pas que cette description soit encore à la hauteur. J'ai toujours été subjuguée par les yeux, et les siens... Oh mon Dieu ! C'est dommage que tu l'as pas connu, ils me rappelaient un peu les tiens. Bleus clairs sur les bords, s'assombrissant au fur et à mesure que l'on s'approche de la pupille, avec quelques tâches de marron très clairs, limite crème. et, chose originale, tout ça les rendaient un peu verts parfois! Je compte en mettre une description plus poussée, mais vers la fin.

Merci en tout cas !
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TC33
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MessageSujet: Re: Secret   Jeu 21 Avr - 13:19

Mdr, vous comprenez pourquoi j'écris un livre ? Je pourrais parler de lui pendant des heurs !
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MC ViL'1
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MessageSujet: MC ViL'1   Jeu 21 Avr - 16:10

L'autobiographie c'est une écriture emplie d'émotions, moi je veux en faire aussi mais j'hésite à romancer ou pas... Je me dis ça fait bien romanesque déjà, mais il manque la happy end lol. Continue ça à l'air très bien!
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TC33
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MessageSujet: Re: Secret   Ven 22 Avr - 10:23

Mdr, ça dépend, parce que comme tu dis, la 'happy end' elle risque pas d'arriver Sad et c'est plutôt pas vraiment 'très bien' du tout à vivre !
Pour la suite, c'est Plume qui l'a entre les mains... Rolling Eyes
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MessageSujet: Re: Secret   Jeu 28 Juil - 10:20

Mdr, trois petits mois après, j'ai l'honneur de vous annoncer le retour de Secret Rolling Eyes (dans tous les sens d'ailleurs...) Désolée, ma correctrice et moi avons été un peu occupée avec le bac et tout, cela explique le retard. Voilà quelques paragraphes pour me faire pardonner.




Les jours passèrent peu à peu. Il fallut s'accommoder aux nouveaux rythmes, aux nouvelles leçons et manières de les enseigner. Les avis se créèrent au fur et à mesure, des préférences. Déjà des groupes se formaient au sein de la TS2, chacun se cherchant dans les autres.
Bien vite, L… gagna en présence. Sa nonchalance et son indifférence face aux tentatives d'enseignement de nos professeurs effondrés le laissait de marbre, l'amusait. Pourtant, j'aurais juré qu'il ne ferait pas de mal à une mouche. Car si le personnel enseignant ne l'intéressait guère, il semblait au contraire porter de l'importance à quelques-uns d'entre nous, pauvres élèves obligés de supporter un joug volontaire.
Je ne pus, dès les premiers jours, m'empêcher de me prendre d'affection pour cet être étrange. Cette manie qu'il avait d'user de ses grands bras en gestes imposants et sans grâce, les mèches frisées qui formaient la touffe rebelle lui servant de cheveux, sa démarche grotesque, les mains toujours dans les poches et le baladeur sur les oreilles, tous ces gestes lui donnaient un certain charme tendre… Mais je l'observais de loin, comme tous, ne voulant m'accrocher à une douleur de plus.
Je sortais alors d'une de mes plus grandes tristesses. A peine un an auparavant, le destin m'avait éloigné des êtres les plus chers à mon cœur. Depuis, je redoutais -sans grands effets- de devoir m'attacher à une quelconque personne, de peur de n'avoir à revivre, encore et encore, des adieux déchirants. Je ne savais pas alors que je ne connaissais rien de la peur, ni de la souffrance. Je pense même qu'à ce jour, je ne suis toujours pas capable de définir l'absence.
Je me contentais donc de l'observer de loin. Je le vis se lier d'amitié avec M…, lui partager ses passions.Il étalait en cours ses histoires de héros japonais, les aventures qu'il vivait avec ses amis laissés au loin, celles qu'il s'inventait. Je tendais l'oreille, captant tout d'abord quelques mots, puis des phrases entières. Et avant qu'on ne s'en rendit compte, il avait pris l'habitude de venir se placer toujours derrière A… et moi. Mais peut-être les situations forcèrent-elles un peu notre rapprochement…
Il avait au départ élu domicile derrière deux filles avec lesquelles je discutais fréquemment, et semblait s'y plaire. Elles parlèrent bientôt de lui mais pas vraiment en termes très flatteurs; la rumeur circula rapidement qu'il avait des penchants pour l'une d'elles, qui en semblait franchement embarrassée. Elles le trouvaient plutôt 'collant' et limite 'casse pied', et je pense qu'il finit par le sentir. De plus, il arriva un jour les cheveux presque rasés, son attachante touffe ayant disparu du sommet de son crâne; quelqu'un affirma qu'une coutume asiatique voulait qu'on se coupe des cheveux lors d'une déception sentimentale. Cela jasa, mais personne n'alla lui demander confirmation…
Il est peut-être important de souligner ici que peu de l'apprécièrent vraiment. Il était trop original pour la 'normalité'. Les deux filles s'en moquaient avec pitié, Ma… ne s'en approchait qu'avec méfiance, B… lui parlait plus par politesse que par intérêt véritable… Je pense que le reste de la classe le considérait avec beaucoup de mépris, plein de cet égoïsme qui rend parfois l'être humain cruel avec ce qu'il ne comprend pas. Seules A… et moi -et M… bien entendu- l'accueillirent sans à priori.
C'est ainsi que nous commençâmes à devenir amis, petit à petit. Il me fit découvrir son monde à travers ses éternels sourires, ayant toujours un mot gentil, une blague à sortir dans les moments les plus graves. Il nous fit prendre des fous rires au milieu de nos larmes, tendait la main quand on tombait… Il m'est souvent arrivé de ne pas toucher le fond grâce à lui. La vie est cruelle, c'est souvent ceux qui savent vous faire le plus de bien qui peuvent être capables de vous envoyer au milieu de l'enfer.
A cette époque, je ne pouvais rien soupçonner. Je me laissais entraîner par sa gaieté, et rigolais à sa suite. Il me donnait la fraîcheur qui me manquait, et je la respirais à pleine bouffée.
Puis un jour, il disparut…



Prise de conscience


Rien n'avait laissé prévoir cet épisode d'absence. Il continuait bien entendu de griffer de dessins ses leçons, mais il commençait pourtant à assister plus régulièrement aux cours, à y mettre du sien -tant qu'il s'agissait de découper une carte du monde tout du moins. Ses paroles le reflétaient toujours semblable à lui-même, rien dans sa voix ou dans ses gestes ne nous aurait laissé soupçonner un tel départ. Non pas qu'il fut si brusque que ça…
Il était venu en cours le vendredi, normalement; mais à la fin du week-end il n'est jamais revenu. On lui trouva des excuses : il avait dû partir un peu plus tôt dans sa chère île… Décembre commençait à peine, et les vacances approchaient avec insistance; on pouvait lui pardonner son ras le bol. Les fêtes de Noël se déroulèrent alors, chacun de son côté, puis nouvel an.
Le 3 janvier, la tête remplie de repas festifs et de réunions familiales, il fallut remettre les pieds dans le lycée; lui ne s'y présenta point. On attendit un jour, deux jours, une semaine. L'administration en vint à jusqu'à téléphoner chez lui, mais impossible de le déloger. Même M… n'arrive pas à le résoudre à revenir. Douces paroles, menaces, rien n'y fit.
Au début, les idées les plus folles me passèrent par l'esprit. Quoique, en y réfléchissant bien… Il avait, lors d'un cours d'histoire qui le passionnait au plus haut point, dessiné une carte nostalgique et s'était caricaturé, bouillant à l'idée de fouler de nouveau le sol qu'elle représentait. Alors je l'imaginais là-bas, sous le soleil du maquis, totalement insouciant au reste de la planète. Aujourd'hui encore, je le crois capable un jour de prendre son sac et d'y partir sans prévenir.
Pourtant, je voulais croire à son retour. Je m'interrogeais -et me questionne toujours- sur son futur, la manière dont il allait pouvoir s'en sortir sans bagage solide. Le voir manquer les cours et/ou les passer à rêver m'inquiétais, et m'énervais considérablement. J'espérais alors secrètement qu'il se rendit compte de ce que, de mon point de vue, j'appelais du gâchis.
Je commençais à me résigner la seconde semaine de la rentrée. Mais en même temps, je n'arrivai pas à m'habituer à son absence. En cours d'espagnol il m'arrivait souvent de me retourner, mais il n'y avait jamais que M…, solitaire. Son silence me mettait mal à l'aise. J'entendais encore les échos bruyants de L…, agaçants, qui m'empêchaient souvent de suivre le cours dans sa totalité -l'espagnol est une de ces matières qu'il supporte le moins- et je me rendis compte qu'il me manquait.
Cette nouvelle, apparue brusquement, me fit l'effet d'une tempête. 'Il me manque…' Je me répétais, pour être bien sûre de les avoir penser et de mesurer leur impact. Moi qui avais juré de ne plus jamais m'attacher, voilà que je ressentais douloureusement une absence. Et pas n'importe laquelle : celle d'un jeune homme peu scrupuleux des règlements, sourds aux cours et aveugles aux tentatives de sociabilité commune. Un rebelle solitaire, fougueux et insolent. Mais un artiste déchiré, attaché à ses racines et à ses amis. Mon propre côté sombre…
Dès lors que j'en eus pris conscience, il me manqua d'autant plus, et son absence si critiquée m'attristait, comme une insulte à ma bienveillance. Mais je ne dis rien, je soupirais à chaque fois que son nom était inscrit dans cet affreux carnet de bord du lycée, et prenais sur moi, le suppliant intérieurement de ne pas se laisser aller trop loin dans son défi des autorités…
C'est un être improbable qui déteste par-dessus tout qu'on puisse lui dicter ou lui conseiller sa conduite. Il est donc normal qu'un beau mercredi matin -le 26 Janvier- près de deux mois après sa disparition, alors que je ne m'attendais plus à le revoir, il remit les pieds dans l'établissement.

***

J'étais arrivée, comme d'habitude, à huit heures, prête pour mon affreux cours de latin. Non pas que la matière en elle-même me répugne, mais tout en l'individu qui l'enseigne me répugne. C'est une vieille femme aux cheveux gris et crépus, tombant raides sur cette robe noire qu'elle traîna tout l'hiver, et ses yeux renferment un océan de folie; croiser son regard, c'est avoir un aperçu du froid le plus profond. Et il est bien entendu que son cours est à son image, seule touche glacée dans une salle surchauffée.
J'avais donc passé une première heure à moitié endormie d'une langue dont j'oubliais tout au fil des années. Bercée par la chaleur des radiateurs trop puissants et par la voix des camarades qui m'entouraient, je prenais par simple réflexe la traduction du texte en cours. Quand la sonnerie retentit finalement, je l'entendis presque avec surprise.
Je me levai, rangeai sagement mes affaires -classeur, crayons, portable se trouvèrent vite à leur place- et je traversai la cour. Arrivée sous le préau, je passais le bonjour à A… qui m'attendait comme toujours avant de se rendre en sciences physiques, et là… Je ne saurais dire si je m'arrêtai d'abord de surprise, ou me frottai les yeux d'effarement, ni même si je me mis tout de suite à rire d'avoir douté de son retour.
J'ai son image me tournant le dos, en train d'ouvrir une porte dans le froid de l'hiver. Il était là, insouciant dans son éternel pull gris, parlant avec M… comme si la routine n'avait jamais été modifiée. Je bégayai quelques mots, regardai A… sans comprendre. Un instant je pensai me tromper et fermai les paupières, le regardant de bas en haut comme si après deux mois j'avais peur de le reconnaître. Mais : 'Oui, c'est bien lui !', me confirma A…
La sonnerie l'empêcha de me donner plus de détails. Nous nous précipitâmes devant la salle qui nous était assignée. Il était là, devant nous, attendant sagement l'ordre de rentrer. Je me dirigeai vers lui, le sourire aux lèvres. 'Te revoilà toi ! Ca va ? T'étais où ?'. La réponse fut des plus évasives : 'Chez moi'.
Je l'interrogeai alors. Pourquoi il ne venait plus ? Qu'est-ce qui l'avait fait reprendre les cours ? Est-ce qu'au moins il se rendait compte qu'il tuait ses chances ?
Plusieurs fois ensuite il m'arriva de lui reposer ces questions, à dire vrai, à chacune de ses absences. Et lui me répondait toujours la même chose; ou plutôt me renvoyais l'ascenseur. J'avoue que la première fois, cela me fit beaucoup réfléchir
'Pourquoi donc est-ce que tu t'inquiètes pour moi ? Ce n'est pas ta vie ! Arrête un peu de te soucier de moi, tu t'énerves pour rien; tu te fais mal toute seule là !
-Je n'aime pas vois mes amis se détruire comme tu le fais.
-Je sais ce que je fais. C'est à moi seul de décider comment je mène ma vie, et si ce que je fais me détruit. Essaie pas de m'en dissuader, tu le regretterais.'

Son regard me disait que je ne pouvais pas comprendre. C'était vrai à cette époque, et je commence juste à m'en rendre compte, à chaque jour passé, maintenant qu'il s'éloigne pas à pas… Je ne savais rien.
Si je cherche au fond de moi la réponse à ces questions, elle paraît amère. Je savais que mes remarques ne le changeraient pas, mais j'espérais, d'un espoir aujourd'hui impossible et mauvais conseiller. Jamais je ne modifierai ses convictions, c'est au dessus de mes forces et de mes propres croyances, et c'est par simple égoïsme que j'ai pu y penser. Essayer de l'enfermer dans des règles que je respecte moi-même difficilement n'était pas vraiment la bonne manière de le rendre libre. De nous rendre libres…
Je pense être, malgré toute l'amitié que je lui consacrais, jalouse de son détachement et de certaines chaînes qu'il n'a pas. Je dois mal supporter de le voir hisser un flambeau que je rêve depuis toujours de porter, et c'est contre mes propres faiblesses que je me rebelle. Il y avait pourtant tant à apprendre de lui…
Ne pouvant en effet pas m'imposer comme guide suprême de sa vie, je finis pas laisser tomber ma morale, sans pour autant m'empêcher de soupirer à chacune de ses absences. J'essayai alors de n'en rien laisser paraître dans ses rares présences, et nous eûmes tout de même quelques instants qui auraient pu nous construire un peu de bonheur.



Voilà pour l'instant. J'espère que ça vous embête pas trop, j'en ai encore autant à recopier et ma première partie n'est toujours pas finie. Je dois aussi vous avouer que je ne suis pas sûre que j'ai aille au bout de cette histoire, Secret a repris contact et est en train de foutre mes idées en l'air (désolée pour le voc Embarassed ).De toute façon, je crois que je ne le répéterai jamais assez, ce gard est trop tordu pour essayer de le comprendre lol !
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